| L'équipement industriel minimise les risques de contamination. Or, comment s'y prendre à la maison? Crédit photo à Vindemia Winery sur Unsplash. |
| L'équipement industriel minimise les risques de contamination. Or, comment s'y prendre à la maison? Crédit photo à Vindemia Winery sur Unsplash. |
L'embouteillage est l'une des étapes les plus excitantes dans le processus de vinification. Enfin, il va être possible de goûter et faire découvrir le fruit de tout ces efforts! En quittant la cuve pour se retrouver dans une bouteille, le vin sera toutefois momentanément exposé à l'oxydation et aux bactéries indésirables. Il convient donc de redoubler de prudence pour éviter de « casser » le vin en l'embouteillant, de favoriser l'apparition du phénomène de « vin bouchonné » ou encore d'introduire des contaminants qui, à la longue, affecteront ses qualités gustatives. J'ai donc rassemblé dans cet article 6 astuces que j'applique lorsque vient le temps d'embouteiller mes vins. Notez que les 2 premières astuces ne s'appliquent pas à des vins de types « pétillant naturel ».
1. Vérifier que la fermentation malolactique est terminée
2. Effectuer un léger sulfitage la veille de l'embouteillage
3. Nettoyer et stériliser rigoureusement les bouteilles
4. Transvider le vin dans les bouteilles sans l'oxyder
5. Remplir les bouteilles de vin avec la bonne quantité
6. Choisir la bonne durée de vieillissement en bouteille
C’est le premier élément à vérifier, car si la fermentation malolactique (FML) n’est pas terminée, elle risque de se poursuivre en bouteille. Cette reprise d’activité produira du dioxyde de carbone, rendant le vin légèrement pétillant, ce qui peut être indésirable selon le style de vin recherché et pourrait même suffire à expulser le bouchon de liège!
Le fait de transvider le vin va nécessairement y incorporer un peu d'oxygène et par le fait même, l'oxyder. Or, il s'avère que les sulfites ont, en plus de leurs propriétés antiseptiques, des propriétés antioxydantes. Un léger sulfitage à 20 ppm (ou 20 mg/L) de sulfites libres la veille de l'embouteillage donnera donc aux sulfites le temps de se répartir uniformément dans le vin tout en activant leur capacité à protéger de l'oxydation.
Attention cependant à valider que la FML est bel et bien terminée, puisque les sulfites sont connus pour dérégler cette dernière lorsqu'ils sont ajoutés après la FA sans que la FML ne soit commencée ou terminée. Dans le même ordre d'idées, il ne sera jamais requis d'effectuer cette étape dans le contexte d'un vin pétillant ou perlant naturel.
Pour un guide étape par étape sur le sulfitage, consulter la section « Savoir comment ajouter des sulfites dans son vin » de mon article 5 conseils pratiques afin de réussir le sulfitage de son vin.
Le vin, après fermentation et stabilisation, est toujours vulnérable aux contaminants externes. Il faut donc absolument :
Noter qu'une petite quantité d'eau sulfitée ou d'assainisseur (plus ou moins 60 mL à l'oeil, ~1/4 de tasse) suffira à stériliser une bouteille. Il suffit simplement de mettre son pouce sur le goulot puis de brasser vigoureusement.
Le « vin bouchonné » est causé par le TCA (trichloroanisole), une molécule qui se forme lorsque des champignons naturellement présents dans le liège entrent en contact avec du chlore. Il en résulte que le vin a ce petit goût de carton mouillé ou de sous-sol humide caractéristique.
La règle d'or : ne jamais utiliser d'eau de Javel pour nettoyer ou stériliser son matériel de vinification. C'est justement pour cette raison que l'eau sulfitée et les assainisseurs par oxydation comme One Step mentionnés ci-haut sont recommandés plutôt qu'un produit chloré. L'utilisation de Javel est un réflexe qui semble anodin mais qui est l'une des causes les plus évitables de ce défaut.
Cela dit, une bonne partie du risque de TCA provient du bouchon lui-même, avant même qu'il n'entre dans la cave : il faut privilégier un fournisseur reconnu et entreposer ses bouchons dans un endroit sec, à l'abri de l'humidité mais surtout, du chlore pour la piscine.
En plus de l'astuce #2 (léger sulfitage la veille), il y a ici 3 précautions à prendre lors de l'étape de remplissage des bouteilles dans le but de prévenir l'oxydation prématurée de son vin :
En embouteillant Placide, mon ami Gabriel a momentanément relâché le bout du siphon plongé dans la cuve : celui-ci s'est alors mis à aspirer les lies fines déposées au fond. Il n'a fallu que quelques secondes pour que le vin, jusque-là parfaitement limpide, se mélange dans la bouteille en cours de remplissage à ces lies, formant une sorte de confiture liquide. Quelques semaines plus tard, les lies s'étaient redéposées au fond de la bouteille, laquelle affichait un caractère fruité nettement plus prononcé que les autres bouteilles, embouteillées sans cet accroc.
Ça y est, les bouteilles sont remplies et comme discuté précédemment, il convient de les refermer le plus rapidement possible avec une bouchonneuse. Attention cependant à bien vérifier le niveau de vin de chaque bouteille avant d'y apposer le bouchon!
C'est critique car pour que le vin se conserve de manière optimale et sans tracas, il faut laisser un jeu de 1 à 2 cm entre le bouchon et le vin :
Astuce de pro : Un bouchon de liège neuf permettra rapidement de voir si le vin a le bon niveau.
Puisqu'un pétillant naturel sera mis sous pression par la fermentation qui se termine en bouteille, l'espace entre la couronne et le vin doit être plus grand (entre 3 et 4 cm) afin de prévenir une surpression qui pourrait desceller la couronne, ou pire, faire éclater la bouteille. Dans le but de bien jauger le niveau, la même astuce de pro s'applique : Le bouchon de liège neuf!
En théorie, rien n'empêche de déboucher sa bouteille la semaine suivant l'embouteillage. Dans les faits, mieux vaut attendre au moins un mois : ce délai permet aux saveurs, temporairement désorganisées par la manipulation du vin (un phénomène qu'on appelle la « maladie de la bouteille », ou « bottle shock »), de se replacer.
Passé le cap du mois, la durée de garde optimale dépendra surtout d'un facteur parfois oublié, la couleur du verre :
Voilà la recette d'un embouteillage réussi... Ne manque plus qu'à concevoir les étiquettes!
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Ça se peut qu'il atterrisse dans le dossier spam...
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