Erreurs de débutant
Les 7 erreurs de débutant à éviter en vinification artisanale
Faire son vin n’a rien de compliqué, en théorie. Voici les erreurs de débutant qui peuvent le faire tourner au vinaigre.
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Le pétillant naturel (ou pet nat, pour les intimes) est une excellente porte d’entrée dans le monde du vin maison. Il évite plusieurs risques associés à l’élevage traditionnel et permet d’obtenir un vin vivant, frais et souvent unique. Cette méthode, dite « ancestrale », se distingue de la méthode traditionnelle (ou champenoise) surtout par la façon dont la bulle est créée : ici, on laisse simplement la fermentation alcoolique se terminer en bouteille, alors que la méthode traditionnelle exige une seconde fermentation spécialement déclenchée pour produire le gaz. Comme les ressources fiables et exhaustives sur la fabrication de pétillant naturel se font plutôt rares hormis quelques discussions sur Reddit, le sujet s’imposait naturellement pour un article de blogue.
Avant de décider de vinifier ses raisins avec la méthode ancestrale, quelques facteurs sont à considérer :
Tous les raisins ne se prêtent pas à la production d’un pétillant naturel, surtout pas à n’importe quel stade de maturité : il faut faire un choix éclairé. Pour faciliter l’évaluation, j’ai résumé les quatre conditions clés dans le schéma ci-dessous, reprise et adaptée de cet excellent article.

Un itinéraire de vinification est en quelque sorte la « recette » à suivre. Il décrit toutes les décisions clés à prendre afin d’obtenir tel ou tel style de vin. Dans le contexte d’un vin de style « pet nat », voici l’itinéraire que je recommande et que j’ai effectué pour astrofizz :
Cet itinéraire est simple, facile à reproduire d’année en année tout en permettant de produire un pétillant naturel frais, vif et fruité.
Une fois la fermentation bien en marche, le prochain défi sera d’embouteiller au bon moment. En effet, en embouteillant trop tôt les bouteilles vont exploser ou se vider dès l’ouverture étant donné la pression accumulée, en plus d’avoir une quantité désagréable de lies. En embouteillant trop tard, le vin risque de ne plus pétiller car trop peu de gaz aura été formé lors de la fermentation en bouteille.
Le densimètre est un outil absolument essentiel afin de réussir l’embouteillage de son pétillant naturel étant donné qu’il est beaucoup plus précis qu’un réfractomètre. Pour une prise de mesure réussie :
La fenêtre idéale pour embouteiller un pétillant naturel se situe entre 1,000 et 1,006 de densité spécifique. Les pétillants naturels typiques ont de 2 à 3 bar de pression, faisant de 1,003 la densité spécifique du moment idéal pour embouteiller.
À première vue, 1,000 peut sembler étonnant : cette valeur est généralement associée à l’eau pure, donc à l’absence totale de sucre. Pourtant, le moût n’est pas composé uniquement d’eau : il contient aussi de l’alcool (moins dense que l’eau) ainsi que divers minéraux. Résultat : Même à 1,000, il reste en moyenne entre 2 et 6 g/L de sucre résiduel, ce qui suffit pour générer un pétillant léger. En dessous de 1,000, par contre, il reste si peu de sucre que le vin sera pratiquement plat.
À 1,007 de densité spécifique, le projet devient risqué et c’est pourquoi cette zone est mise en évidence dans le tableau. Afin de constituer ce dernier, j’ai d’ailleurs utilisé la règle empirique voulant que 4 g/L de sucre résiduel génèrent 1 bar de pression en bouteille. Même si une bouteille de qualité peut supporter jusqu’à 8 bar, certaines conditions feront que la pression aura raison de cette dernière, par exemple :
Par ailleurs, plus il y a de sucre au moment de l’embouteillage, plus la fermentation produira de lies. Ces mêmes lies auront un impact négatif sur la dégustation, lorsque présentes en grande quantité, obligeant un dégorgement par le fait même.
| Densité spécifique (SG) | Sucre résiduel (g/L) | Pression en bouteille (bar) |
|---|---|---|
| 1,000 | Entre 2,0 et 6,0 | Jusqu’à 1,5 |
| 1,001 | Entre 4,5 et 8,5 | Jusqu’à 2,1 |
| 1,002 | Entre 7,2 et 11,2 | Jusqu’à 2,8 |
| 1,003 | Entre 9,8 et 13,8 | Jusqu’à 3,5 |
| 1,004 | Entre 12,3 et 16,3 | Jusqu’à 4,1 |
| 1,005 | Entre 14,9 et 18,9 | Jusqu’à 4,7 |
| 1,006 | Entre 17,5 et 21,5 | Jusqu’à 5,4 |
| 1,007 | Entre 20,1 et 24,1 | Jusqu’à 6,0 |
| 1,008 | Entre 22,7 et 26,7 | Jusqu’à 6,7 |
| 1,009 | Entre 25,3 et 29,3 | Jusqu’à 7,3 |
Afin de fermer hermétiquement les bouteilles adaptées à la pression utilisées pour les pétillants naturels, il convient d’utiliser des capsules à couronne 29 mm. Attention à ne pas les mélanger avec les capsules à couronne 26 mm qui sont plutôt destinées aux bouteilles de bière.
J’ai couvert lors de mon article sur les 7 erreurs de débutant les différents types de bouteilles résistantes à la pression ainsi que comment les reconnaître. Je bonifie donc en montrant ci-dessous le type de bouteille que je recycle à chaque année pour mes cuvées. Celle montrée sur la photo pèse par ailleurs 897 grammes, se qualifiant donc dans la catégorie des bouteilles à mousseux.

Il y a deux types de capsuleuse et, bien sûr, j’ai une recommandation…
Le dégorgement est l’acte d’enlever les lies des vins pétillants et mousseux. Obligatoire en méthode traditionnelle, il est plutôt laissé à la discrétion du vinificateur en méthode ancestrale. Ne pas retirer les lies est d’ailleurs en phase avec la philosophie de « non intervention » des vignerons natures.
Pourquoi dégorger ? La première raison est que cela permet de retirer les lies et donc d’éviter qu’elles se mélangent au vin par mégarde lors de sa consommation. Moins de gaspillage ! La seconde raison est que cela permet aussi de baisser la pression. En ouvrant la bouteille, environ 1 bar de pression sera perdu.
Quand dégorger ? Après que la fermentation a été complétée ! C’est facile à reconnaître car le vin deviendra translucide et un dépôt poudreux (les lies) se sera formé au fond de la bouteille. Dans le doute, attendre : Il est tout à fait réaliste de dégorger le printemps suivant la vendange.
Comment dégorger ? J’ai assemblé ci-bas la procédure :
Avec toute cette connaissance en main, l’arbre de possibilités peut paraître impressionnant. Quelle pression en bouteille choisir ? Dégorger ou laisser les lies ? Afin de guider la décision, je rappelle ci-dessous les 3 styles de vins incontournables dans le domaine :
Le Spumante est fréquemment confondu avec le Prosecco. Pour les distinguer, il faut se rappeler que le premier est un style de vin alors que le deuxième est une Denominazione di Origine Controllata (DOC), l’équivalent italien de l’AOC. Une DOC combine une région géographique, un sous-ensemble de cépages et des règles à suivre. Certains Spumante peuvent donc être des Prosecco et vice-versa.
Toujours indécis ou indécise ? Essaie de reproduire le style d’un vin que tu as aimé ! Pour ma part, j’adore les Col Fondo rosés donc c’est ce style que je cherche à recréer, année après année.

Écrit par
Samuel
Apprenti vinificateur à Montréal. Je partage ici ce qui marche, et surtout ce qui rate.

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